Fissure anale

 

Qu’est qu’une fissure anale ?

 

La fissure anale est une déchirure non cancéreuse (et sans aptitude à le devenir) de la peau qui recouvre la partie basse de l’anus. Les causes de cette déchirure sont une hypertonie du sphincter de l’anus souvent associée à une constipation.

Cette fissure provoque des douleurs et des saignements. Les douleurs sont typiquement des brûlures qui surviennent au moment du passage de la selle et qui peuvent persister plusieurs heures après la défécation.

 

Les douleurs sont parfois discrètes mais elles peuvent aussi être beaucoup plus intenses et accentuées lors des épisodes de la vie quotidienne (position assise prolongée). L’intensité des douleurs peut créer une appréhension d’aller aux toilettes, et devenir réellement invalidantes. Les signes peuvent durer plusieurs semaines ou plusieurs mois, évoluer favorablement et recommencer par périodes.

C’est une plaie allongée et courte (1-2cm) qu’on découvre en écartant les plis de l’anus. Cependant elle peut être difficile à mettre en évidence du fait des douleurs engendrées et de la difficulté à écarter les plis de l’anus.

Elle se situe en règle dans la partie arrière du canal anal (pôle postérieur), mais également parfois en avant (pôle antérieur). Ses bords sont souvent un peu en relief et elle peut s’accompagner d’un épaississement de la peau ou d’une petite formation en relief à l’intérieur du canal anal.

Quand opère-t-on une fissure anale ?

 

L’évolution spontanée ou avec un traitement médical de la fissure aigue se fait souvent vers la cicatrisation en 4 à 8 semaines dans un premier temps. Mais la récidive est fréquente (environ 20% à 30% des cas) et la cicatrisation spontanée de plus en plus difficile.

Devant une fissure  récente, il faut proposer en premier lieu un traitement médical associant une régularisation du transit intestinal par laxatifs doux, des topiques locaux (pommade, suppositoire) et des antalgiques.

En cas d’échec de ce traitement ou de fissure hyperalgique ou « ancienne », un traitement chirurgical doit être envisagé.

Quelles sont les techniques chirurgicales ?

 

Il existe 2 techniques principales :

-    la section partielle du sphincter de l’anus

qui permet de diminuer l’hypertonie du muscle

mais avec un risque d’incontinence.

Cette technique n’est pas pratiquée dans le centre.

-    L’ablation de la fissure (fissurectomie) associée

à un recouvrement partiel de la plaie par de la « peau »

(anoplastie muqueuse). Nous pratiquons uniquement

cette technique. Pendant cette intervention, on peut également réaliser l’ablation des « excroissances » de chair associées à la fissure.  Cette technique a moins de risque d’incontinence. Il s’ensuit une période de cicatrisation qui peut être longue (6-8 semaines) et parfois douloureuse au début mais la volonté est de remplacer la peau malade par une autre zone proche en meilleur état et mieux irriguée.

 

Dans notre centre, elle se pratique en ambulatoire, sous anesthésie générale.

On y associe en plus une anesthésie locale pour diminuer les douleurs au réveil.

Un lavement rectal sera à faire la veille et le matin tôt de l’intervention.

Aucune dépilation n’est nécessaire.

Un traitement laxatif doux devra être débuté la veille afin de faciliter la première selle après l’intervention.

Une paire de bas de contention devra être portée le jour de l’intervention jusqu’au lendemain.

Une mèche hémostatique est mise en fin d’intervention et retirée avant votre sortie.

Consignes post-opératoires

 

-    Pour faciliter la cicatrisation, il faut avoir une hygiène correcte après chaque selle (eau+savon simple suivi d’un séchage de la plaie par tamponnement doux) et appliquer la pommade Bétadine quotidiennement (1-2 fois par jour) jusqu’à la cicatrisation complète.

-    Pour diminuer les douleurs, une ordonnance pour le traitement antalgique vous a été remis en consultation pour que vous puissiez le prendre dès votre retour à domicile. Respectez bien les consignes qui y sont écrites. Si les douleurs ne sont pas soulagées malgré le traitement maximal, contactez votre chirurgien ou consulter votre médecin.

-    Après une intervention de chirurgie proctologique, les douleurs des premiers jours peuvent entrainer une appréhension pour aller à la selle, ce qui peut engendrer une constipation. Cette dernière rendra plus douloureuse l’émission de selle et ralentira la cicatrisation.

 

Pour éviter cela :

-    Le traitement laxatif doux (Lansoyl) débuté la veille de l’intervention devra être poursuivi environ 7-10 jours si vous êtes constipé et/ou si l’émission de selle est douloureuse. Par contre, si vous présentez une diarrhée, il faut diminuer les doses voire arrêter le traitement.

-    En revanche, si au bout de 48-72h après l’intervention, vous n’êtes pas allé à la selle, vous pouvez prendre le laxatif plus fort prescrit sur l’ordonnance (Transipeg) dont la durée et la dose seront à adapter suivant le transit. SI malgré cela vous êtes constipé, contactez votre chirurgien.

-    Diminuer vos activités physiques (sport, bricolage, jardinage…) et le port de charges lourdes (+ de 5kg) pendant 2-3 semaines. Il est quand même recommandé de marcher normalement dès le lendemain de l’intervention car cela favorise le transit et diminue les douleurs.

-    Un arrêt de travail peut être nécessaire après l’intervention et la durée sera déterminée en consultation avant l'intervention selon votre travail.

-    Il n’y a pas de régime alimentaire spécifique. Il faut avoir une alimentation qui permet de ne pas être constipé.

-    Vous devrez porter les bas de contention jusqu’au lendemain de l’intervention.

-    Vous pourrez reconduire 48h après. Vous pourrez être limité par vos douleurs.

-    Une consultation de contrôle avec votre chirurgien est prévue 1 mois après l’intervention. Mais pour tout problème, votre chirurgien reste disponible dans l’intervalle.

Risques/complications

 

-    Juste après l’intervention, une rétention urinaire passagère (difficultés à uriner) est possible pour laquelle le traitement médical suffit le plus souvent mais qui peut nécessiter le recours à un sondage temporaire. Ceci est dû à l’anesthésie locale complémentaire, réalisée pendant l’intervention, pour diminuer les douleurs au réveil.

-    Il est possible que les fils de suture tombent précocement car il s’agit d’une réparation fragile. Ceci a peu de conséquence mais rallonge le délai de cicatrisation.

-    Vous pouvez présenter, les premières semaines après l’intervention, quelques saignements et les mêmes douleurs après la selle que vous ressentiez avant l’intervention. Ceci est normal car il faut laisser le temps que la plaie cicatrise. Ceci est aggravé si vous êtes constipé car cela entraine une nouvelle « déchirure ». Un traitement laxatif vous sera prescrit pour éviter cela.

-    Troubles de la continence anale (fuite de gaz et/ou de selles). Dans ce cas des troubles sont souvent présents avant l’opération mais peuvent être aggravés par le geste. Ils sont souvent transitoires.

-    Récidive. De causes multiples, elle est possible dans 10% des cas.

-    Au terme de la cicatrisation, des marisques (excroissances cutanées autour de l’anus) sont parfois observées sans que l’on puisse parler de complication. Si ces marisques sont gênantes, elles peuvent être retirées lors d’une courte intervention.

D’un point de vue pratique 

 

- Au terme de la consultation avec votre chirurgien, l’indication de l’intervention sera décidée.

Si l’intervention se fait sous anesthésie générale, une consultation avec un médecin anesthésiste est obligatoire. Dans certains cas, une évaluation au préalable par un cardiologue est nécessaire.

-    Après les différentes consultations, il sera décidé si vous serez hospitalisé en ambulatoire (entrée le matin, intervention et sortie le soir) ou en conventionnel pour une nuit ou plus.

-    Les consignes de jeûne et de prise de vos médicaments vous seront expliquées en consultation d’anesthésie.

-    Si vous êtes fumeur, il est recommandé d’arrêter l’intoxication. Les patients fumeurs ont plus de risque d’infection, cicatrisent moins bien et peuvent présenter des complications lors de l’anesthésie.

-    Après l’intervention, vous serez surveillé en salle de réveil puis vous retournerez dans votre chambre. Votre sortie sera validée après accord de l’anesthésiste et la visite de votre chirurgien.

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